Sondage CROP-Ordre des conseillers en ressources humaines agréés sur l'état de la réalisation de l'équité salariale

Loi sur l'équité salariale : l'échéance du 21 novembre 2001 sera difficile à respecter pour beaucoup d'entreprises québécoises qui ont besoin de recevoir rapidement de l'information. Telle est la conclusion que l'Ordre des conseillers en ressources humaines et en relations industrielles agréés du Québec (Ordre des conseillers en ressources humaines agréés) tire des résultats du sondage réalisé par la firme CROP auprès des entreprises assujetties à la Loi, résultats dévoilés ce matin en conférence de presse. A moins de trois mois de l'entrée en vigueur de la Loi sur l'équité salariale, soit le 21 novembre 2001, le sondage CROP révèle que même si près des deux tiers des entreprises québécoises (65 %) affirment avoir commencé les travaux d'instauration de l'équité salariale, près de 46 % n'en sont pas à la moitié du parcours pour arriver au but.

L'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés estime que le manque d'information peut expliquer pourquoi au moins 35 % des organisations n'auraient pas entamé à ce jour les travaux menant à la réalisation de l'équité salariale. Le sondage CROP révèle même que 9 % des entreprises n'ont pas l'intention d'établir l'équité salariale. « Ces résultats sont préoccupants. Ils indiquent que les objectifs visés par la Loi risquent d'être ratés », a indiqué le président-directeur général de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés, M. Florent Francoeur.

Le sondage indique cependant que 81 % des entreprises estiment être en mesure de respecter l'échéance du 21 novembre 2001, et ce, malgré le fait qu'en moyenne elles déclarent avoir accompli environ seulement 55 % des travaux nécessaires pour réaliser l'équité salariale. L'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés estime toutefois ce pourcentage très optimiste.

« Un sondage effectué à peu près à la même période l'an dernier nous indiquait que 12 % des entreprises qui comptaient un membre de l'Ordre parmi leur personnel avaient terminé les travaux. Un an plus tard, le sondage indique que seulement 17 % des entreprises les ont terminés. Malgré un échantillon plus large, les résultats révèlent une très faible progression en un an. Par ailleurs, il s'agit d'une loi fort complexe et qui requiert, pour la plupart des entreprises, deux périodes d'affichage de 60 jours », a affirmé M. Francoeur.

L'an dernier, l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés constatait que le seul report de l'échéance en novembre 2002 risquait tout simplement de retarder le problème d'un an et demandait au gouvernement de dresser un inventaire des problèmes d'application et d'interprétation auxquels font face les entreprises et de s'empresser d'y apporter les solutions nécessaires.

Cela n'a toujours pas été fait, et l'Ordre constate en plus aujourd'hui que le manque d'information est criant. Ainsi, 33 % des entreprises qui n'ont pas commencé les travaux affirment que ce manque d'information en est la raison principale. Par ailleurs, les autres raisons invoquées laissent aussi croire que l'insuffisance de renseignements est la source du problème. « Comment peut-on affirmer que les salaires sont déjà équitables ou que la loi est inutile dans l'entreprise si on n'a pas encore entrepris la démarche? », demande Mme Geneviève Fortier, présidente du Conseil de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés.

Pour ce faire, l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés souhaite que la Commission de l'équité salariale organise rapidement une campagne majeure d'information et que le gouvernement l'appuie solidement en mettant à contribution les ressources des autres ministères qui travaillent directement avec les entreprises. L'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés croit que la Commission des normes du travail, le ministère des Régions, le ministère de l'Industrie et du Commerce et bien sûr le ministère du Travail peuvent agir comme relayeurs d'information.

« Il faut aussi que la Commission de l'équité salariale soit dotée de moyens suffisants pour fournir un soutien accru aux organisations », a affirmé Mme Fortier. « La bonne nouvelle, c'est que plus de 65 % des entreprises qui ont l'intention de réaliser les travaux estiment que l'équité salariale aura davantage d'effets positifs que négatifs au sein de leur organisation. Seulement 9 % envisagent des effets négatifs. Le manque de renseignements retarde considérablement les entreprises dans leur cheminement. Puisqu'il y a consensus sur l'objectif de la Loi sur l'équité salariale, il faut s'assurer qu'il sera atteint », a conclu Mme Fortier.

Organisation représentative de tous les milieux du travail au Québec, l'Ordre des conseillers en ressources humaines et en relations industrielles agréés du Québec regroupe près de 5000 professionnels qui exercent leurs activités dans les secteurs public et privé, en relations du travail, en gestion des ressources humaines, en santé et en sécurité du travail et en formation en entreprise.

Faits saillants

Rapport final du sondage en format PDF (900 K0)


Suivi du dossier...

Sondage SOM-Ordre des conseillers en ressources humaines agréés sur l’état de la réalisation de l’équité salariale / Le mardi 14 novembre 2000
Communiqué 2000 / Faits saillants 2000
Rapport finaldu sondage 2000 en format PDF (900 K0)