Prévisions salariales 2007 : les travailleurs s'attendent à des augmentations de 4 % alors que les employeurs consentiront 3,3 %

Les travailleurs québécois sont optimistes quant à leur augmentation de salaire pour l'année qui vient. Selon un sondage CROP effectué pour l'Ordre des CRHA et CRIA du Québec (Ordre des conseillers en ressources humaines agréés), ils chiffrent à 4 % leurs attentes à cet égard. De leur côté, les employeurs s'apprêteraient à leur verser 3,3 % de plus en 2007. C'est ce que révèle une étude effectuée auprès des employeurs canadiens et québécois par neuf cabinets prestigieux en rémunération.

Ces résultats sont dévoilés ce matin à l'occasion du Rendez-vous de la rémunération organisé par l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés.

Les attentes des travailleurs

Les prévisions des travailleurs québécois sont plus optimistes cette année. Alors qu'ils prévoyaient recevoir 3,1 % d'augmentation en 2006 et qu'ils en ont reçu 3,4 %, leurs expectatives se chiffrent à 4 % pour 2007.

Signalons que 25 % des travailleurs interrogés affirment n'avoir obtenu aucune augmentation en 2006 et que 15 % d'entre eux ne comptent sur aucune augmentation pour 2007.

Le salaire : pas une priorité pour les travailleurs

Le sondage CROP révèle également que seulement un travailleur sur cinq (20 %) choisit le salaire comme l'un des aspects les plus importants de ce qu'il attend d'un emploi, parmi les neuf aspects soumis à l'appréciation des personnes sondées.

Le salaire se situe donc au sixième rang parmi les neuf aspects évalués, derrière la conciliation travail-famille mentionnée par 36 % des travailleurs, la possibilité d'utiliser pleinement son potentiel créatif (33 %), l'autonomie (27 %), la reconnaissance de son employeur (24 %) et la sécurité d'emploi (21 %), mais devant la possibilité d'avancement dans la carrière (15 %), les avantages sociaux (13 %) et la possibilité de travailler à la maison (5 %).

Enfin, une majorité de travailleurs (58 %) se sont dits en désaccord avec l'affirmation suivante : « pour moi, le travail est une source de revenus et non un endroit d'où l'on tire une satisfaction ».

« Ces résultats parlent d'eux-mêmes. Souvent, quand on cherche un moyen de mobiliser et de fidéliser ses employés, on est porté à miser sur les incitatifs financiers. Bien sûr, le salaire peut être attirant, mais si l'employé n'est pas heureux, s'il ne partage pas les valeurs de l'entreprise, il va s'en aller, et ce, même s'il doit parfois accepter un salaire inférieur dans une autre entreprise », a indiqué M. Alain Desgagné, CRIA, président du conseil d'administration de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés.

Du côté des employeurs...

De leur côté, les employeurs québécois s'apprêteraient à consentir des augmentations de 3,3 %. Ces résultats sont tirés d'une étude effectuée par neuf cabinets spécialisés en rémunération dont les résultats ont aussi été rendus publics ce matin.

Soulignons que les augmentations salariales prévues sont les plus élevées en cinq ans et qu'elles continuent d'excéder l'indice des prix à la consommation. En outre, les prévisions pour le Québec sont légèrement inférieures à celles de l'ensemble du Canada qui s'établissent à 3,5 %.

« Cette différence est probablement due au fait que les données de l'Ouest font monter la moyenne canadienne. Les provinces de l'Ouest remportent la palme avec une augmentation moyenne prévue de 3,8 % et on devine aisément pourquoi », a conclu M. Desgagné.

Pour en savoir plus!

Téléchargez les résultats du sondage CROP.