Les milieux de travail plus ouverts à l’homosexualité : mythe ou réalité? Résultats d’un sondage CROP-Ordre des conseillers en ressources humaines agréés

Les travailleurs québécois estiment que les milieux de travail sont ouverts à l’homosexualité. C’est du moins ce que révèle un sondage CROP Express effectué pour l’Ordre des CRHA et CRIA du Québec (Ordre des conseillers en ressources humaines agréés). Ce sondage est publié dans le cadre de la Journée nationale de lutte contre l’homophobie, organisée par la Fondation Émergence et dont l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés est partenaire.

Une attitude ouverte à l’égard de l’homosexualité : mirage ou réalité?
Globalement, 83 % des travailleurs estiment que leur milieu de travail est ouvert ou très ouvert à l’homosexualité. À l’inverse, 13 % des travailleurs estiment qu’il est fermé ou très fermé. Fait à noter, les hommes sont plus nombreux à penser ainsi (19 %).

Plus du tiers des répondants (35 %) estiment que l’attitude est très ouverte à l’égard de l’homosexualité dans leur milieu de travail. Mais on constate quelques différences significatives selon le sexe et l’âge. Chez les femmes et les travailleurs âgés de 18 à 34 ans, ce pourcentage se chiffre à 45 % alors qu’il n’est que de 25 % chez les hommes et chez les 55 ans et plus.

« Il faut être prudents devant de tels résultats qui peuvent a priori paraître encourageants, car on sait fort bien que l’homophobie revêt plusieurs visages. Elle est souvent très subtile et peut ne pas être perçue par les travailleurs qui n’en sont pas victimes. Difficile de percevoir un regard réprobateur, un petit sourire en coin ou une blague mal placée si on n’est pas directement concerné. En outre, ce ne sont pas tous les homosexuels qui s’affichent ouvertement dans leur milieu de travail de peur d’en payer le prix », a tenu à préciser M. Florent Francoeur, CRHA, président-directeur général de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés.

Quand à la présence d’homosexuels, 59 % des travailleurs québécois ont affirmé connaître une ou des personnes homosexuelles dans leur milieu de travail, alors que 39 % ont affirmé le contraire.

Peu de discrimination, mais…
À la question de savoir s’il y a de la discrimination à l’égard des homosexuels dans leur milieu de travail, les travailleurs répondent non à 88 %. Ce pourcentage est de 92 % chez les femmes et de 83 % chez leurs homologues masculins. Par ailleurs, 10 % des travailleurs interrogés estiment qu’il y a de la discrimination à l’égard des homosexuels au travail.

« Même si la législation interdit la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle, il n’en demeure pas moins qu’elle est souvent difficile à prouver au même titre que le harcèlement psychologique. En outre, un employé va souvent préférer conserver son emploi plutôt que de porter plainte. Il importe donc que les employeurs donnent l’exemple et sensibilisent leurs employés à l’importance d’un milieu de travail exempt de toute discrimination. Un environnement de travail où règnent le respect et la dignité a un effet positif important sur le rendement des travailleurs », a conclu M. Francoeur.

Les résultats du sondage CROP/Ordre des conseillers en ressources humaines agréés sont disponibles en format PDF.