Plus d'un travailleur sur trois est témoin de conflits dans son milieu de travail : résultats d’un sondage CROP-Ordre des conseillers en ressources humaines agréés

Selon un sondage CROP Express réalisé pour l'Ordre des CRHA et CRIA du Québec (Ordre des conseillers en ressources humaines agréés), 36 % des travailleurs québécois ont été souvent ou occasionnellement témoins d'un conflit dans leur milieu de travail au cours de la dernière année et 15 % en ont été personnellement victimes. Les résultats de ce sondage ont été dévoilés aujourd'hui lors d'un colloque organisé par l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés sur le thème Prévenir et résoudre les conflits organisationnels.

La réaction des gestionnaires : pas toujours évidente

Le sondage révèle également que, lorsqu'il y a un conflit, 60 % des travailleurs estiment que les gestionnaires ont tendance à le régler, alors que 35 % d'entre eux considèrent que les dirigeants ont plutôt tendance à ne rien faire. « Cette donnée est préoccupante car les conflits dans les organisations ont un impact important sur la productivité des travailleurs, sans compter les répercussions non négligeables sur leur vie personnelle », a indiqué M. Florent Francoeur, CRHA, président-directeur général de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés.

Quand les dirigeants gèrent les conflits…

Le fait que les dirigeants gèrent les conflits a un impact sur leur occurrence. En effet, plus de travailleurs ont déclaré avoir été témoins de conflits souvent ou à l'occasion lorsque les gestionnaires ne font rien pour les gérer (80 %) que lorsqu'ils agissent pour les régler (49 %). Même scénario en ce qui concerne l'implication personnelle des travailleurs dans un conflit : ils affirment à 35 % en avoir été victimes souvent ou à l'occasion lorsque les dirigeants ont tendance à ne pas le gérer, contre 19 % lorsque les patrons ont tendance à le régler.

Comme l'a montré l'analyse de ces résultats effectuée par les professeurs Jean Poitras et Maurice Lemelin, CRHA, de HEC Montréal, l'évitement des conflits par les gestionnaires comporte des risques pour les organisations. En effet, les travailleurs qui travaillent pour des gestionnaires qui ont tendance à ne pas agir ont 3,53 fois plus de chance d'être témoins de conflits et 2,69 fois plus de chance d'en être affectés que ceux dont les gestionnaires ont tendance à régler les conflits.

Les conflits en milieu de travail : l'impact sur les travailleurs

Parmi les travailleurs qui ont été témoins ou victimes de conflits, 53 % affirment qu'une telle situation a nui beaucoup ou assez au rendement des personnes impliquées. Cette proportion s'élève à 68 % dans les organisations où les gestionnaires ont tendance à ne rien faire.

Par ailleurs, 24 % des travailleurs affirment que les conflits ont nui à leur propre rendement au travail. Ce pourcentage se chiffre à 37 % lorsque les gestionnaires ont tendance à ne pas les gérer.

Enfin, 7 % des travailleurs affirment ne pas être rentrés au travail au cours des douze derniers mois pour éviter un climat conflictuel. Dans les organisations où les gestionnaires ne gèrent pas les conflits, ce pourcentage s'élève à 15 %.

« Un conflit au travail, ça ne s'arrête pas en fermant la porte du bureau. Les gestionnaires doivent s'en préoccuper. Bien entendu, les causes peuvent être multiples, allant de responsabilités mal définies aux conditions de travail en passant par les changements organisationnels. Mais nonobstant la cause, il importe que les gestionnaires possèdent les habiletés nécessaires pour mieux gérer les conflits. Cela va dans le meilleur intérêt tant des employés que des organisations concernées », a conclu M. Francoeur.

Résultats du sondage CROP-Ordre des conseillers en ressources humaines agréés :
Questionnaire et résultats
Croisements