Prévisions salariales 2006 : les travailleurs s'attendent à des augmentations de 3,1 % - résultats d'un sondage CROP-Ordre des conseillers en ressources humaines agréés

Les incertitudes causées par la flambée des prix du pétrole ne semblent pas affecter le moral des travailleurs québécois relativement à leurs augmentations de salaire pour l'année qui vient. En effet, un sondage CROP Express réalisé pour le compte de l'Ordre des CRHA et des CRIA du Québec (Ordre des conseillers en ressources humaines agréés) en août dernier révèle que les travailleurs du Québec s'attendent à des augmentations moyennes de 3,1 % en 2006.

Les attentes des travailleurs pour 2006
Les attentes des travailleurs pour 2006 sont sensiblement les mêmes que l'an dernier. En effet, un sondage CROP-Ordre des conseillers en ressources humaines agréés effectué en 2004 à pareille date montrait que les travailleurs espéraient une augmentation de 3 % pour 2005 comparativement à 3,1 % cette année (pour 2006).

En outre, les travailleurs ont aussi indiqué avoir reçu des augmentations de l'ordre de 2,5 % en 2005, soit 0,5 % de moins de ce à quoi ils s'attendaient.

Enfin, alors qu'en 2005, 22 % des travailleurs n'attendaient aucune augmentation salariale, ce pourcentage s'établit à 15 % pour 2006, toutes catégories confondues et à 53 % chez les travailleurs affichant des revenus annuels inférieurs à 20 000 $.

Les hommes et les femmes : mêmes attentes mais...
Autre fait à noter dans ce sondage CROP, il n'y a aucune différence significative entre les attentes des hommes et des femmes relativement à leur augmentation salariale. Rappelons que, l'an passé, les résultats du sondage ont montré un écart de 1 % à cet égard, les femmes s'attendant à recevoir moins que les hommes. Par contre, il semble que les hommes auraient bénéficié au cours de la dernière année d'augmentations moyennes de 2,7 % comparativement à 2,3 % chez les femmes.

Le salaire : pas nécessairement une priorité pour les travailleurs
Le sondage révèle également que le salaire arrive au sixième rang des aspects les plus prisés par les travailleurs dans leur emploi. La conciliation du travail avec la vie familiale ou personnelle arrive en tête de liste avec 31 % des mentions. Viennent ensuite la possibilité d'être créatif et de réaliser son plein potentiel (29 % des mentions), l'autonomie (25 %), la reconnaissance de l'employeur (24 %) et la sécurité d'emploi (23 %).

Toutefois, lorsqu'on interroge les travailleurs sur l'importance qu'ils accordent au salaire, ce dernier obtient une note de 7,7/10.

« Évidemment, tout le monde souhaite avoir un salaire intéressant. Mais ce que ces résultats démontrent, c'est que les travailleurs recherchent plus que ça. Ils veulent un environnement de travail où ils pourront se réaliser et préserver leur qualité de vie et ils ne sont pas nécessairement prêts à sacrifier ces priorités au profit d'un meilleur salaire. Les organisations doivent dorénavant en tenir compte et innover sans cesse dans leur gestion des ressources humaines », a indiqué M. Florent Francoeur, président-directeur général de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés.

Les intentions des employeurs : les prévisions et l'analyse de neuf cabinets prestigieux
Le dossier spécial de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés présente également un document intitulé Prévisions salariales 2006. Il s'agit d'une étude sur la rémunération qui regroupe les résultats ainsi que l'analyse d'enquêtes faites auprès d'employeurs canadiens et québécois par des experts de cabinets prestigieux dans le domaine. Ces cabinets sont : Groupe-conseil Aon, Groupe Hay, Hewitt et Associés, Mercer, Consultation en ressources humaines, Morneau Sobeco, Normandin Beaudry, Saucier Conseil inc., Towers Perrin et Watson Wyatt.

On y retrouve les résultats des enquêtes effectuées par ces neuf cabinets auprès de quelque 2550 entreprises québécoises ainsi que des textes sur les préoccupations de l'heure en matière de rémunération et de gestion des ressources humaines. On peut notamment y constater que, pour les employés du Québec, on prévoit une augmentation de 3,1 %, soit une augmentation légèrement plus faible que celle de l'ensemble du Canada qui a été établie à 3,3 %; ce sont les provinces de l'Ouest qui remportent la palme avec une augmentation moyenne prévue de 3,7 %.

Les cadres conservent toujours une longueur d'avance en matière d'augmentation, mais l'écart traditionnel entre eux et les autres employés tend à diminuer. Sans égard au secteur d'activité, l'augmentation moyenne prévue en 2006 pour les cadres est de 3,4 % et celle prévue pour l'ensemble des autres employés est de 2,9 %.

Parmi les secteurs d'activité, c'est le secteur gazier et pétrolier qui arrivera bon premier avec 4,3 % d'augmentation et le secteur pharmaceutique suivra de près avec 3,6 %. Selon les prévisions, les organismes à but non lucratif recevront l'augmentation moyenne la plus modeste avec 2,7 %.

En matière de tendances, notons que la rémunération variable gagne toujours en popularité au sein des entreprises et les organisations officialisent de plus en plus leur pratique en la matière. Le pourcentage des entreprises ayant un régime officiel de réunération variable est passé de 78 % en 2001 à 87 % en 2005.

Il faut aussi souligner qu'en raison des scandales financiers des dernières années, les actionnaires, les organismes de réglementation et les comités de rémunération sont de plus en plus vigilants quant au processus de planification de la rémunération des cadres de la haute direction et des cadres en général. L'histoire nous démontre que cette vigilance accrue est essentielle.

Bien que les employeurs canadiens établissent un lien entre la rémunération et le rendement, l'écart entre les augmentations au mérite accordées aux employés offrant un rendement moyen par opposition aux employés dont le rendement est plus élevé n'est pas substantiel.

Par ailleurs, l'utilisation des régimes d'options d'achat d'actions ou d'autres régimes d'intéressement à long terme est à la baisse. L'an dernier, 53 % des entreprises ont utilisé de tels régimes comparativement à seulement 40 % cette année. Comme ils ont été à la source e bien des désillusions, ils deviennent beaucoup moins attrayants.

En ce qui a trait aux avantages non pécuniaires, les horaires de travail flexibles gagnent du terrain; cette année 66 % des entreprises mettent en œuvre de telles pratiques comparativement à 57 % en 2004.

Comme les principaux enjeux financiers en matière de gestion des ressources humaines demeurent les coûts des soins de santé, certains employés verront grimper leur part des coûts pour les régimes de soins de santé. 20 % des employeurs ont indiqué leur intention d'instaurer un partage des coûts ou d'augmenter la part des employés. Les coûts des régimes de retraite font aussi partie de ces importants enjeux.

Ajoutons que la génération Y (moins de 26 ans) déclenche une remise en question quant aux pratiques en matière de rémunération. Une évolution vers une rémunération globale de type cafétéria se dessine, et ce, pour combler les besoins des employés présentant divers profils.

Pour en apprendre encore davantage…
Résultats du sondage CROP-Express/Ordre des conseillers en ressources humaines agréés, analyses des cabinets d'experts-conseil, augmentations salariales selon le nombre et les catégories d'employés, tendances au Québec et au Canada, préoccupations de l'heure en gestion des ressources humaines, tout est soigneusement regroupé et expliqué dans le dossier spécial de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés disponible disponibles gratuitement à l'adresse suivante : www.portailrh.org/remuneration/2006.

L'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés est l'organisme de référence par excellence en gestion des ressources humaines et en relations industrielles au Québec. Regroupant près de 7500 professionnels dynamiques, dont 6300 CRHA et CRIA, il est le seul organisme habilité par le Code des professions à décerner les titres de conseiller en ressources humaines agréé et de conseiller en relations industrielles agréé. Présents dans tous les milieux - entreprises, organismes gouvernementaux, syndicats, universités, cabinets de consultants -, les CRHA et CRIA exercent leurs activités en relations du travail, en gestion des ressources humaines, en santé et sécurité du travail et en formation en entreprise.

Sondage CROP-Express de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés - Faits saillants

  Augmentation attendue
en 2005
Augmentation obtenue
en 2005
Augmentation attendue
en 2006
Moyenne - Ensemble 2,7 % 2,5 % 3,1 %
Moyenne - Hommes 3,1 % 2,7 % 3,1 %
Moyenne - Femmes 2,1 % 2,3 % 3,1 %

 

Aucune augmentation

  0 % d'augmentation
attendue en 2005
(% de répondants)
en 2005
0 % d'augmentation
obtenu en 2005
(% de répondants)
0 % d'augmentation
attendue en 2006
(% de répondants)
Ensemble 22 % 29 % 15 %
Hommes 18 % 31 % 17 %
Femmes 27 % 26% 13 %