Sondage CROP-Ordre des conseillers en ressources humaines agréés : 15 % des travailleurs québécois invoquent de fausses raisons pour motiver leur absence du travail – dossier spécial sur l'absentéisme.

Les travailleurs québécois se sont absentés du travail une moyenne de 8,3 jours au cours de la dernière année et 15 % d'entre eux avouent avoir invoqué une fausse raison pour motiver leur absence. C'est ce que révèle le sondage CROP Express effectué pour le compte de l'Ordre des CRHA et des CRIA du Québec (Ordre des conseillers en ressources humaines agréés) dans le cadre d'un dossier spécial sur l'absentéisme.

L'absentéisme, l'affaire de tous
L'absentéisme coûte cher aux organisations et est encore trop souvent imputé uniquement aux travailleurs. Or, dans la réalité, c'est un phénomène dont les causes sont multiples. « L'absentéisme n'est pas lié uniquement à des raisons personnelles telles que des problèmes familiaux ou de santé. Il est aussi causé par des facteurs organisationnels comme la surcharge de travail ou la sous-utilisation des habiletés d'un travailleur, ou encore par des facteurs environnementaux : déficiences ergonomiques, conditions de travail difficiles, etc. », a précisé M. Florent Francoeur, président-directeur général de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés.

Selon l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés, les organisations ont parfois du mal à avouer qu'elles y sont pour quelque chose et que la gestion de leurs ressources humaines est défaillante. En outre, les absences pour raisons familiales (un enfant malade par exemple) ne sont pas toujours bien vues, même si la conciliation travail-vie personnelle est à la mode. « Les travailleurs sont donc encore trop souvent poussés à donner de fausses raisons pour motiver leur absence », a ajouté M. Francoeur.

L'absentéisme semble toucher davantage les femmes...
Le sondage CROP révèle également que les femmes s'absentent en moyenne 9,7 jours par année pour des raisons personnelles, familiales ou pour cause de maladie contre 7,1 jours chez les hommes.

En outre, 36 % des travailleurs ont affirmé ne pas s'être absentés du travail au cours de la dernière année. Ce pourcentage est de 30 % chez les femmes. Par ailleurs, les travailleurs âgés de 55 ans et plus (61 %) et les hommes (41 %) sont plus nombreux à indiquer qu'ils n'ont manqué aucun jour de travail au cours de la dernière année.

« Ces résultats peuvent s'expliquer en partie par le fait que les femmes assument toujours davantage de responsabilités familiales, mais ce n'est là qu'une partie de la réponse. Il est important que les organisations décortiquent le problème, identifient les vraies causes de l'absentéisme lorsque celui-ci devient problématique et appliquent les solutions nécessaires pour le contrer », a poursuivi M. Francoeur.

Le contrôle des absences : adopter des mesures coercitives ou incitatives?
Plusieurs employeurs ont mis en place des moyens pour contrôler les absences de leurs employés. Quarante pour cent (40 %) des répondants au sondage CROP pensent que leur employeur exerce des moyens de contrôle en matière de gestion des absences des employés. Ces moyens peuvent revêtir un caractère plus ou moins coercitif.

Parmi les méthodes dites coercitives, on retrouve l'exigence d'un certificat ou d'un examen médical, la surveillance, voire la filature. Selon les professionnels de la gestion des ressources humaines, ces méthodes sont moins efficaces que les approches incitatives qui consistent, par exemple, à améliorer l'environnement de travail, à établir des programmes de motivation ou à gérer le stress au travail. Les résultats d'un sondage maison effectué par l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés auprès de ses membres montrent en effet que les CRHA et les CRIA accordent une efficacité moyenne de 6,1/10 aux mesures coercitives et de 7,2/10 aux mesures incitatives.

Pour en savoir davantage...
Consultez le dossier spécial sur l'absentéisme dans Effectif

Résultats du sondage CROP-Ordre des conseillers en ressources humaines agréés sur l'absentéisme

L'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés est l'organisme de référence par excellence en gestion des ressources humaines et en relations industrielles au Québec. Regroupant près de 7500 professionnels dynamiques, dont 6300 CRHA et CRIA, il est le seul organisme habilité par le Code des professions à décerner les titres de conseiller en ressources humaines agréé et de conseiller en relations industrielles agréé. Présents dans tous les milieux - entreprises, organismes gouvernementaux, syndicats, universités, cabinets de consultants -, les CRHA et CRIA exercent leurs activités en relations du travail, en gestion des ressources humaines, en santé et sécurité du travail et en formation en entreprise.