Résultats du congrès de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés - De grands changements remettent en question les idées reçues en matière de gestion des ressources humaines

L'heure est au changement dans le domaine de la gestion des ressources humaines. C'est ce qu'a constaté l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés au terme de son congrès sur le thème « Maîtrisez le changement » qui se tenait les 20 et 21 octobre derniers. Plus de 800 professionnels de la gestion des ressources humaines et des relations du travail ont participé à ce congrès.

« Nous vivons à une époque de grands changements dans le monde du travail et les bouleversements se font à une vitesse vertigineuse. La mondialisation combinée aux tendances démographiques, sociales et économiques commandent que les professionnels de la gestion des ressources humaines et des relations industrielles déploient des stratégies de plus en plus diversifiées dans les organisations pour faire face aux défis émergents », a indiqué M. Florent Francoeur, président-directeur général de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés.

Les ressources humaines sont maintenant au coeur des préoccupations des entreprises. La fonction ressources humaines est de ce fait devenue une composante stratégique essentielle des organisations et englobe une foule de rôles clés tels la rétention et l'attraction du personnel, la mobilisation des employés, le développement de la main-d'oeuvre, la rémunération incitative, l'intégration des cultures, etc. La fonction prend en compte un ensemble de facteurs qui ont un impact important sur la stratégie globale des entreprises et sur leur positionnement sur le marché.

Ces tendances au changement nécessitent donc une adaptation rapide des stratégies de gestion des ressources humaines dans les entreprises, voire une remise en question des façons de faire actuelles et des idées reçues.

C'est ainsi qu'au cours du congrès, le professeur David K. Foot de l'Université de Toronto et auteur du best-seller « Entre le boom et l'écho » est venu démontrer noir sur blanc que la pénurie de main-d'oeuvre annoncée par certains experts ne sera pas à nos portes avant une dizaine d'années, et ce, malgré le départ massif à la retraite des baby-boomers. Selon le professeur Foot, Les boomers nés en 1947 ont aujourd'hui 56 ans et sont à six ou sept ans de leur retraite. La génération issue des années 60, aujourd'hui âgée de 40 ans, représente une masse importante de travailleurs qui en ont encore pour au moins vingt ans sur le marché du travail. Sans compter qu'il y a de nombreux pré-adolescents sur les bancs d'école qui seront prêts dans une dizaine d'années à intégrer le marché de l'emploi. Les défis pour les gestionnaires des ressources humaines se situeraient donc dans l'établissement d'horaires de travail permettant aux plus vieux de se retirer progressivement du marché du travail et de faire de la place aux plus jeunes avec les économies ainsi générées.

Autre fait marquant, la professeure Lisbeth Claus de l'Atkinson Graduate School of management est venue présenter en primeur les résultats d'une étude sur la profession en ressources humaines à l'échelle mondiale. Un sondage effectué dans 24 pays a mis en lumière le fait que les professionnels de la gestion des ressources humaines doivent poursuivre leurs efforts en matière de formation et d'agrément pour mieux contrôler l'accès à la profession. De même, les associations RH doivent accroître leur influence législative ainsi que leur contrôle sur les activités dans leur domaine.

« Alors que la gestion des ressources humaines était autrefois perçue comme accessoire, elle est maintenant considérée comme une profession à part entière. Au Québec, nous jouons un rôle de chef de file en matière de professionnalisation. L'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés regroupe quelque six mille conseillers en ressources humaines agréés (CRHA) et conseillers en relations industrielles agréés (CRIA) et nous entendons poursuivre nos efforts en vue de l'avancement de la profession, notamment en continuant d'offrir un imposant programme de développement professionnel », a conclu M. Francoeur.