Harcèlement psychologique au travail : agir maintenant! - Résultats du colloque de l’Ordre des conseillers en ressources humaines et en relations industrielles agréés du Québec (Ordre des conseillers en ressources humaines agréés).

Le harcèlement psychologique est un phénomène sournois, plus fréquent qu’on ne le pense et qui pose des défis importants aux organisations. Telle est la conclusion de l’Ordre des conseillers en ressources humaines et en relations industrielles agréés du Québec (Ordre des conseillers en ressources humaines agréés), à l’issue du colloque sur le harcèlement psychologique au travail qui rassemblait aujourd’hui quelque 500 professionnels de la gestion des ressources humaines et des relations du travail.

Des données choc!

Angelo Soares, CRHA, chercheur et professeur à l’Université du Québec à Montréal, a présenté un bilan de recherches menées au Québec depuis 1997 concernant le harcèlement psychologique au travail. Les résultats sont préoccupants. Selon les données présentées par le professeur Soares, on constate principalement que :

  • le harcèlement psychologique au travail toucherait au moins le tiers des travailleurs couverts par les études citées (plus de 1500 au total); ces derniers ont affirmé, dans une proportion variant de 35 % à 39 %, qu’ils étaient ou avaient été victimes de harcèlement ou qu’ils en avaient été témoins.
  • le harcèlement psychologique dure longtemps et n’est pas un phénomène ponctuel; en effet, on constate que dans plus de 75 % des cas, le problème persiste depuis plus de six mois;
  • on note également que la fréquence du harcèlement est importante; les données du professeur Soares montrent que le harcèlement se manifeste au minimum deux à trois fois par mois et qu’il peut atteindre une fréquence quotidienne;
  • la prévention et l’intervention précoce sont les meilleurs remèdes pour contrer le phénomène.
De nouveaux défis tant pour les employeurs que pour les syndicats…

Les préoccupations à l’égard du harcèlement psychologique dans les milieux de travail posent de nouveaux défis tant aux employeurs qu’aux syndicats.Du côté des employeurs, le compteur tourne rapidement. Rappelons qu’à partir du 1er juin 2004, en vertu de la Loi sur les normes du travail (LNT), tout salarié aura droit à un milieu de travail exempt de harcèlement psychologique et tout employeur aura l’obligation de prévenir et de faire cesser le harcèlement psychologique dans son organisation. « À trois mois de l’entrée en vigueur de ces dispositions de la LNT, il importe de doter les organisations des outils nécessaires pour qu’elles puissent bien remplir ces obligations. La prévention demeure un remède efficace pour contrer ce fléau dans les entreprises et plusieurs outils sont actuellement disponibles pour les aider à cet égard. Mais, il reste peu de temps avant l’échéance et les employeurs qui n’ont pas amorcé leurs travaux en ce sens doivent agir rapidement », a souligné monsieur Florent Francoeur, président-directeur général de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés.

Par ailleurs, la question du harcèlement psychologique soulève des interrogations au chapitre du devoir de représentation des syndicats. Un syndicat doit-il représenter un syndiqué accusé de harcèlement psychologique? Les intervenants présents ont noté que la clé de cette épieuse question se trouve dans le sérieux et la rigueur de l’enquête au terme de laquelle un syndicat décidera de représenter ou non un employé accusé de harcèlement.

« Nous souhaitons que des événements réunissant des professionnels de la gestion des ressources humaines, des représentants syndicaux et patronaux, des experts de même que les instances gouvernementales concernées, comme celui que nous tenons aujourd’hui, contribuent à promouvoir les antidotes à ce phénomène préoccupant qu’est devenu le harcèlement psychologique », a conclu M. Francoeur.