Travaux routiers : impacts considérables sur la gestion des employés

Les nombreux travaux routiers au Québec ont un impact considérable sur la gestion quotidienne des employés, selon 70 % des répondants à un récent sondage réalisé par l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés auprès de ses membres. Cette proportion n’était que de 55 % en 2011. Cette problématique, qui se fait davantage sentir dans le Grand Montréal,semble donc devenir plus préoccupante avec les années.

Recrutement et rétention difficiles dans la métropole
Près de 30 % des professionnels en ressources humaines sondés affirment avoir perdu des candidats potentiels en raison de la localisation de leur entreprise et des travaux routiers. Sans compter que plus de 25 % des répondants ont affirmé que des employés ont quitté volontairement leur entreprise pour cette raison. Le phénomène est encore plus présent dans la région montréalaise. En effet, si on compare la région de la Capitale-Nationale à la métropole, on note que l’impact est deux fois plus élevé chez les répondants en poste dans une entreprise de Montréal.

« Ces données démontrent l’importance de la localisation de l’entreprise pour le travailleur à la recherche d’un emploi ou qui songe à quitter son employeur. Dans un contexte de rareté de main-d’œuvre où les entreprises se démènent pour pourvoir certains postes, ces statistiques sont très préoccupantes, surtout pour les entreprises de l’île de Montréal », indique Florent Francoeur, CRHA, président-directeur général de l’Ordre.

Des conséquences inquiétantes sur la santé des travailleurs
De plus, 76 % des répondants ont souligné que les travaux routiers ont un impact psychologique sur les travailleurs. Plus précisément, 89 % d’entre eux évaluent que cela causerait du stress chez les employés, 72 % de l’irritabilité et 58 % de la fatigue.

La situation semble être particulièrement préoccupante pour les employés qui doivent travailler sur la route, comme les conducteurs de camions de transport et d’autobus du transport public. Des répondants ont ajouté que la qualité de vie et le moral de ces travailleurs sont mis à rude épreuve, sans oublier la rentabilité de l’entreprise qui souffre des délais engendrés.

« Après avoir subi les embouteillages et les détours, il est probable que le travailleur n’entreprend pas sa journée dans un état d’esprit très serein. J’imagine que cela pourrait avoir des répercussions sur les relations du travail, souligne Florent Francoeur. L’organisation peut adopter des mesures pour atténuer les effets néfastes des travaux routiers. Je pense notamment aux horaires flexibles et au télétravail qui semblent être les mesures les plus fréquemment adoptées par les entreprises québécoises. Certaines ont même ouvert un bureau à l’extérieur de l’île de Montréal, en plus de leur siège social dans la métropole, afin de proposer aux travailleurs une solution alternative aux problèmes de circulation et de bénéficier d’un argument d’attraction supplémentaire en période de recrutement. »

Des retards coûteux
Les retards répétitifs sont une autre conséquence des problèmes de circulation pour les entreprises québécoises. Plus de la moitié des répondants ont affirmé que le retard moyen des employés, causé chaque jour par les travaux routiers, est de plus de 15 minutes. Près de 60 % des répondants ont constaté également une hausse de l’absentéisme en période de travaux routiers.

« Ces retards peuvent avoir une incidence sur la productivité des entreprises et engendrer ainsi une diminution de leur rentabilité », conclut M. Francoeur.

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Afin de consulter l’enquête complète, cliquez ici.

Méthodologie
Réalisée auprès de ses membres par l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés, la collecte de données en ligne s’est déroulée du 18 au 25 août 2014 inclusivement. Au total, 1129 professionnels de la gestion des ressources humaines et des relations industrielles y ont répondu. Notons que, puisqu’il s’agit d’un sondage internet, le calcul d’une marge d’erreur ne s’applique pas.