Alors que le secteur de la construction s’apprête à partir en vacances, les travailleurs québécois se reposeront moins cet été

L’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés dévoile les résultats de la septième édition de son sondage sur les vacances estivales des travailleurs québécois. Même si plus de 160 000 d’entre eux profiteront des vacances de la construction, ce sondage CROP-CRHA montre que seulement 28 % de l’ensemble des travailleurs prendront des vacances estivales de 2 semaines alors que, depuis 2010, ce sont 35 % qui optaient de manière constante pour une période de repos semblable. Autre résultat notable, plus d’un Québécois sur dix ne prévoit aucun moment de repos durant l’été.

Des vacances estivales plus courtes pour les Québécois
L’année 2014 pourrait marquer un changement dans la manière dont les travailleurs du Québec se prévalent de leurs vacances estivales. Ils semblent être plus nombreux à privilégier de courtes vacances cette année. En effet, le nombre de travailleurs qui prendront entre aucun moment de repos et 1 semaine de vacances augmente de 10 % par rapport à l’année dernière.

Les femmes et non-francophones travailleront davantage
Parmi les répondants du sondage, il est étonnant de constater une différence significative entre les habitudes de vacances des hommes et des femmes. Ce sondage révèle que ces dernières prendront en moyenne 2,1 semaines de congé alors que leurs collègues masculins en prendront 2,3. En outre, il y aura deux fois plus de femmes que d’hommes à ne prendre aucunes vacances durant la période estivale. Une différence est aussi observée chez les non-francophones qui seront deux fois plus nombreux que les francophones à ne prendre aucunes vacances ou seulement quelques jours.

« À la lumière de ces résultats, rappelons que la Loi sur les normes du travail prévoit pour tous les salariés un temps de vacances rémunérées calculé en fonction de leurs années de service. Il est important que les travailleurs se prévalent des vacances auxquelles ils ont droit pour le bien de leur santé, mais aussi de leur performance! Souhaitons qu’ils aient tout simplement privilégié d’autres périodes de l’année pour se permettre un temps d’arrêt. » déclare Florent Francoeur, CRHA, président-directeur général de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés.

Les jeunes travailleurs (18-34 ans) moins reposés et plus déprimés
De manière générale, un plus grand nombre de travailleurs québécois se déclarent moins reposés que l’année dernière, la proportion passant de 46 % à 50 %. Par ailleurs, plus les travailleurs sont jeunes, moins ils considèrent que les vacances dont ils disposent durant l’année sont suffisantes pour se reposer. Inversement, plus ils sont âgés, plus ils considèrent que leurs vacances leur procurent un repos satisfaisant. Cela n’est pas étonnant, puisque la durée des vacances tend à augmenter en fonction de l’expérience des travailleurs.

En outre, au retour de vacances, près d’un Québécois sur quatre se dit déprimé à l’idée de reprendre le boulot et ce phénomène est encore plus présent chez les jeunes de 18 à 34 ans. « Jeune ou moins jeune, le retour au travail n’est pas toujours évident. Par contre, le fait de préparer son retour de vacances avant de partir permet souvent une rentrée plus en douceur pour les travailleurs. Les employeurs peuvent aussi tirer profit de la période estivale en facilitant un aménagement plus flexible du travail, ce qui prolonge un peu l’idée des vacances et exerce un effet positif sur les employés. Avec près de 60 % des travailleurs de 18-34 ans qui prendront très peu de vacances, cela peut être une avenue intéressante afin de maintenir les gens mobilisés durant l’été », mentionne M. Francoeur.

Afin de consulter l’enquête complète, cliquez ici.

Les résultats en image

Méthodologie
Réalisé par la firme de sondage CROP pour le compte de l’Ordre, la collecte de données en ligne s’est déroulée du 12 au 16 juin 2014 par le biais d’un panel web. Notons que les questions de la présente étude ont été adressées uniquement aux travailleurs salariés et autonomes (n=605). Les résultats ont été pondérés afin de refléter la distribution de la population adulte du Québec selon le sexe, l’âge, la région de résidence, la langue maternelle et le niveau de scolarité des répondants. Notons finalement que, compte tenu du caractère non probabiliste de l’échantillon, le calcul de la marge d’erreur ne s’applique pas.