Mercredi 12 décembre 2018
Ouvrir une session   |   Mon dossier
  |   Déconnexion

La confiance, fondation véritable de l'équipe

Par Jean-Philippe Naud, CRHA

Dans les organisations de toutes tailles, la rétention, la mobilisation, la gestion de la présence au travail ou encore la gestion de la relève constituent des enjeux prioritaires qui préoccupent les dirigeants et dont on parle beaucoup. Mais qu'en est-il de la synergie d'équipe, ingrédient de base du succès de l'organisation et de l'épanouissement de la personne? La considère-t-on encore comme une priorité? Mon expérience me porte à croire que oui : même si on en parle moins, la synergie est loin d'être démodée et constitue toujours un incontournable pour l'organisation, ses dirigeants, ses gestionnaires et ses employés. Cette synergie d'équipe, qui permet au tout d'être plus grand que la somme de ses parties, on la recherche pour les nombreux avantages qu'elle apporte, dont l'efficacité et l'efficience, une capacité accrue à atteindre les résultats et un engagement renforcé des membres. Cependant, pour qu'il y ait synergie véritable, on se doit d'aller au-delà des relations « employé à employé » et d'investir dans les relations « personne à personne ». Cette distinction s'impose parce que, malheureusement, nous oublions trop souvent l'importance de la dimension humaine des relations entre collègues, ce qui nous empêche de comprendre l'essence même de l'équipe, soit une confiance mutuelle véritable qui repose sur l'authenticité de chacun.

Lencioni (The five dysfunctions of a team, 2002) présente l'absence de confiance comme un frein à l'épanouissement de l'équipe et comme le fondement de toute une série de dysfonctions au sein de l'équipe, notamment la peur du conflit, le manque d'engagement, la déresponsabilisation et le manque d'orientation vers les résultats. Le modèle intégré de Lencioni prend la forme d'une pyramide, rappelant celle des besoins de Maslow, dont l'absence de confiance constitue la base. Ce modèle suscite une remise en question de nos priorités. Alors que l'on consacre temps et énergie à mesurer le niveau d'engagement des membres d'une équipe, ne serait-il pas aussi pertinent de se préoccuper du niveau de confiance qui existe entre eux?

Appartenez-vous à une équipe en santé, où règne la confiance? Ou en êtes-vous le gestionnaire? Pour vous aider à poser votre diagnostic, je vous propose d'observer certains signes. Dans une équipe où les individus se font réellement confiance, chacun est capable d'exposer ouvertement ses vulnérabilités et les difficultés qu'il rencontre, de demander de l'aide aux autres sans avoir peur d'être jugé ou sous-estimé, de reconnaître les capacités et les succès d'autrui. Misant sur la confiance mutuelle, une telle équipe sera non seulement plus apte à cheminer d'un stade de dépendance vers un stade d'interdépendance, mais également à s'éloigner du confort de l'homogénéité pour mettre à profit la puissance de la complémentarité. En d'autres mots, une équipe dont la fondation est la confiance sera capable de beaucoup plus que la somme des individualités de ses membres.

Que peut-on faire pour développer cette confiance? Bien que chaque équipe possède sa « personnalité » propre, il n'en reste pas moins que certaines activités de base peuvent toujours aider à accroître la confiance dans une équipe. Tout d'abord, chacun doit être convaincu que la confiance est l'élément indispensable qui permettra à son équipe de vraiment se développer. Cette conviction l'aidera à adopter des attitudes et des comportements susceptibles d'être agréablement contagieux. Le gestionnaire a la responsabilité de donner l'exemple : il doit s'ouvrir à son équipe avec sincérité et manifester lui-même sa confiance. Il est aussi impératif d'investir du temps pour se connaître réellement en tant qu'équipe. À cet effet, il existe plusieurs outils facilitant l'introspection dans une équipe. Toutefois, à mon avis, la première chose à faire est de s'intéresser réellement les uns aux autres.

Prendre le temps de se parler est assurément un bon départ. Pour évaluer votre contribution au sentiment de confiance au sein de votre équipe, demandez-vous si vous êtes capable de donner à vos collègues ou à vos employés une rétroaction du type : « j'apprécie quand tu… », « j'apprécie moins lorsque tu... » Si oui, bravo pour ce premier pas, sinon, la solidité de votre équipe repose peut-être sur une fragile fondation. À vous d'agir!

Jean-Philippe Naud, CRHA, psychologue organisationnel est conseiller principal au Groupe-conseil Aon.

 

Droits réservés 2018, Ordre des conseillers en ressources humaines et en relations industrielles agréés du Québec.

 


Affaires RH Fondation CRHA Les relations du travail au Québec - Des témoins tracent la ligne du temps Objectif CRHA Prévention de la violence au travail