Dimanche 20 janvier 2019
Ouvrir une session   |   Mon dossier
  |   Déconnexion

« Coachable » ou pas?

Par Carole Théot, CRHA

Depuis les balbutiements de la psychologie, les partisans de l’inné et ceux de l’acquis s’affrontent afin de déterminer si une personne a le réel pouvoir de changer et d’acquérir certaines habiletés.

Les recherches récentes tendent à prouver que l’acquisition d’habiletés non techniques est, la plupart du temps, possible. Toutefois, chaque coach qui se respecte reconnaît avoir connu des échecs et avoir rencontré des situations où la personne accompagnée n’était pas « coachable ».

Des études ont mené à l’identification de trois éléments principaux qui conditionnent la capacité d’une personne à être coachée :  

Les facteurs liés au coaché  

La sagesse populaire le dit : « on ne force pas un cheval à boire! ». Une personne qui ne manifeste ni l’ouverture ni le désir réel d’être coachée ne pourra tirer un véritable profit d’une démarche de coaching. Au mieux, elle se contentera de changements de surface qui ne seront pas durables. Pour être pérenne et transformationnel, le coaching requiert du coaché humilité, réceptivité et une capacité d’introspection qui lui permette de prendre conscience de ses forces et limites.

Au-delà du désir de changement, la capacité psychologique d’une personne à évoluer peut aussi être en jeu. Il n’est pas rare que des personnes souffrant de trouble de la personnalité soient référées en coaching. Celles qui présentent des traits narcissiques ou paranoïaques, par exemple, sont difficilement « coachables » sans un accompagnement psychologique parallèle ou préalable. Il appartient alors au coach d’être en mesure de déceler ces troubles et de décider, en son âme et conscience et en ayant à cœur la réussite des acteurs concernés, s’il peut ou non faire évoluer son coaché. 

La qualité de la relation coach-coaché 

Une grande part de la réussite du coaching dépend de l’alliance entre l’intervenant et son client, de la confiance et du respect mutuel qui s’établissent entre eux. Il arrive que le coaché et le coach soient amenés à travailler ensemble sous des pressions extérieures. Certains coachs organisent des rencontres préliminaires avec leur coaché où ils apprennent à se connaître et valident leurs sentiments de confiance et de sécurité réciproques. Se donner la liberté de se choisir ou non est un gage de réussite et de plaisir.  

Les facteurs liés au contexte et à l’environnement 

Hors des facteurs inhérents au coach et au coaché, les contraintes extérieures peuvent nuire à la capacité d’une personne d’être coachée. Il revient à l’organisation de créer les facteurs de disponibilité nécessaires au succès d’un coaching. Le coaché doit pouvoir disposer de conditions favorables en terme de temps, de soutien moral, de moyens et de conditions d’emploi. De plus, on constate parfois chez les employeurs des demandes irréalistes : des objectifs de coaching trop ambitieux, des délais d’accompagnement trop courts ou encore des exigences qui ne sont que le reflet des limites du superviseur hiérarchique du coaché. 

Déterminer si une personne est « coachable » est une des facettes de l’art du coaching. Il est du devoir du coach, idéalement en coresponsabilité avec le coaché et son employeur, d’oser nommer et questionner les facteurs de réussite de son coaché. 

Carole Théot, CO, CRHA, ACC est Coach professionnelle chez Vézina Nadeau Labre.

 

Droits réservés 2018, Ordre des conseillers en ressources humaines et en relations industrielles agréés du Québec.

 


Affaires RH Fondation CRHA Les relations du travail au Québec - Des témoins tracent la ligne du temps Objectif CRHA Prévention de la violence au travail