Samedi 21 octobre 2017
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Les habiletés politiques en rôle-conseil : accompagner sans prétention!

Par Louise Charette, CRHA, c.o. organisationnel, présidente de Multi Aspects Groupe inc.

Ce texte vient compléter l’article « Rôle-conseil : cerner le véritable besoin du client ».

Rappelons que la personne qui exerce un rôle-conseil est dans la position de celle qui ne décide pas. Elle doit alors user de son influence non pour convaincre dans le but de démontrer qu’elle a raison, mais bien en soutien à une décision éclairée de son « client ». Cela demande un certain lâcher-prise, pour ne pas dire un lâcher-prise certain! Même si le client ne prend pas la décision souhaitée, il faut savoir s’arrêter et se dire que cela lui appartient, même si parfois on le voit foncer dans un mur…

Donc, l’exercice des habiletés politiques demande, pour réussir à influencer, d’user de tact, d’avoir de la vision, de construire des alliances, de s’occuper des résistances, de faire appel à la concertation et de savoir fixer ses limites.

On use de tact quand on sait dire les « vraies » choses tout en décrivant les comportements et les situations sans porter d’accusation ou poser de jugement sur les personnes. C’est choisir les bons mots et l’attitude appropriée. C’est aussi s’assurer que la personne est en mesure de recevoir ce qui doit être dit. On doit trouver le bon moyen, le moment et le lieu opportuns.

Avoir de la vision consiste à se doter d’un plan personnel pour savoir vers où l’on va tout en laissant de la place aux opportunités qui émergent. Il s’agit de ne pas perdre l’objectif de vue. Il se peut que cela prenne plus de temps que prévu, mais s’il y a progression, on est dans la bonne voie. L’impatience vient souvent gâcher l’influence que l’on pourrait avoir. Il faut donc donner le temps aux autres de faire un bout de chemin dans leur tête. Avoir de la vision, c’est être persévérant et prévoir cinq ou six coups d’avance, comme aux échecs.

Construire des alliances consiste à établir des relations de coopération. Si on est en constante confrontation, il se peut qu’on ait une certaine influence par la pression, mais cela ne dure pas. Les alliances à long terme sont délicates à construire et elles doivent reposer sur des relations empreintes de confiance.

S’occuper des résistances, c’est prendre la peine d’écouter les autres. Cela permet de comprendre les sources de résistance des personnes. En fait, comme le préconise Céline Bareil (1996), il est préférable de penser « préoccupation » et non « résistance ». De cette façon, on laisse la possibilité aux autres de s’exprimer sans juger et on crée de l’ouverture. C’est cette ouverture qui permet d’aider les personnes à dépasser leurs préoccupations.

Faire appel à la concertation permet de chercher ensemble des solutions mutuellement satisfaisantes à des problèmes ou à des situations dont on a une perception commune. La confiance et la communication sont les bases de la concertation. Chacun dévoile, de bonne foi, ses enjeux, ses intérêts, ses objectifs et invite l’autre à le faire. Évidemment, il faut s’assurer que chacun est de bonne foi.

Fixer ses limites consiste à respecter ses valeurs et ses croyances professionnelles, et à agir avec éthique dans les différents contextes. Cela nécessite une réflexion approfondie qui doit être omniprésente à chaque étape du processus de rôle-conseil, mais sans rigidité.

On dit d’un conseiller/consultant qu’il est politiquement habile lorsqu’il utilise certains leviers d’influence. En voici sept.

  1. 1. Développer une culture de la proactivité
    • Le conseiller/consultant va de l’avant, il pose des questions pour savoir comment vont les gens, comment va leur travail, il écoute et il propose des démarches. Il est un accompagnateur et il est à l’affût des opportunités de rendre service, d’accompagner.
  2. Donner des objectifs précis à ses clients
    • Lorsque le conseiller/consultant accompagne un individu, une équipe ou une organisation, il s’assure que chacun se fixe des objectifs clairs et mesurables. Cela permet de mobiliser les personnes autour d’actions concrètes, réalistes et atteignables. Cela constitue aussi un engagement de la part de chacun.
  3. Pousser ses clients à passer à l’action
    • Par les objectifs, les personnes sentent qu’elles savent quoi faire et comment le faire.
  4. 4. Apprendre à écouter vraiment
    • Le conseiller/consultant qui écoute vraiment est en mesure de reprendre en d’autres mots les propos de son interlocuteur. Il peut lire entre les lignes et nommer ces éléments à son client.
  5. Chercher à connaître ce qui est important pour ses clients
      Comprendre les enjeux, les besoins et les intérêts du client sont au cœur des compétences et des leviers d’influence en vue de l’accompagner adéquatement. Une fois que l’on s’est assuré de l’orientation de l’accompagnement, c’est un autre bon moment pour exercer le lâcher-prise.
    • Développer l’approche gagnant/gagnant
      • Cette approche permet de s’assurer que chacun en ressort satisfait. Si une personne ou une équipe se sent frustrée par la démarche, il n’y aura pas de mise en œuvre et la démarche n’aura servi qu’à cristalliser les positions.
    • Favoriser la formation continue et le développement de compétences
      • L’influence prend sa source aussi dans la maîtrise des moyens mis en place. Si les personnes développent un fort sentiment de compétence, les suites de la démarche sont presque assurées par le plaisir de mettre en œuvre ce qui a été décidé ensemble. La formation et le développement des compétences valent autant pour le conseiller/consultant que pour les clients.

    Si on souhaite être habile politiquement dans l’exercice du rôle-conseil, plusieurs habiletés et leviers sont à mettre en œuvre. Identifiez vos forces et vos défis … vous pourrez y travailler avec des objectifs concrets!

    Pour en savoir plus : suggestions de lecture

    • Bernard, David (2008). 7 leviers pour développer le leadership de vos commerciaux, article tiré du site internet, Le site de la fonction commerciale, à l’adresse suivante : http://www.focusco.fr
    • Traverson, M. (2009). De l’influence et des moyens d’accroître la vôtre, article tiré du site internet, La troisième voie : Le rendez-vous du développement personnel et professionnel, à l’adresse suivante : http://www.troisiemevoie.com
    • Tashi, Y. (2006). L’art d’influencer les autres, Paris, La Souris Bleue Éditions.
    • Nouiga, M. (2003). Facteurs d’influence sur l’implication du personnel sans un système qualité, adapté d’un article tiré du site internet, SlideFinder, à l’adresse suivante : http://www.slidefinder.net/f/facteurs_influence_implication_personnel_système/12818761

    À propos de l’auteure

    Louise Charette, CRHA, c.o. organisationnel, présidente de Multi Aspects Groupe inc., travaille en développement organisationnel depuis 1989. Elle a développé son expertise dans l’intervention auprès des équipes de travail, la formation des formateurs, le rôle-conseil et le développement des personnes au sein des organisations. On peut la joindre par téléphone [418 651-4748] ou par courrier électronique [louise.charette@multiaspects.com]. Site web : www.multiaspects.com


    Cet article est paru dans la rubrique Coin de l'expert le 5 novembre 2013.

     

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