Mardi 26 septembre 2017
Ouvrir une session   |   Mon dossier
  |   Déconnexion

Conseils pour bien choisir un consultant

Envoyer Imprimer
LinkedIn

Un consultant vous promet monts et merveilles? Prudence, bien choisir un consultant ne s’improvise pas. Avant d’acheter un conseil ou de départager plusieurs soumissions de service, il faut s’assurer de bien évaluer l’offre de service et de vérifier le professionnalisme du consultant.

Mission du consultant
Expert ou généraliste, un consultant est « quelqu’un qui apporte une expertise complémentaire à celle qu’on possède à l’interne et qui est capable d’adapter son produit ou son offre de service à la réalité présente dans mon organisation », affirme Étienne Beaulieu, CRHA, conseiller développement organisationnel chez Hydro-Québec.

Plusieurs écueils sont à éviter : les offres de service flamboyantes aux promesses infinies; les offres de service fourre-tout qui cherchent à caser le maximum de services-conseils et les offres de service « kit à vendre » aussitôt prêtes à l’emploi. Les consultants seront évalués à leur capacité à répondre à un problème spécifique adapté aux besoins de la situation.

« Le consultant ne doit pas se substituer au gestionnaire. On n’a qu’une valeur ajoutée », souligne Michel Maletto, CRHA, consultant et président de Maletto et associés, une firme spécialisée en développement organisationnel et en formation. Monsieur Maletto préfère aider un gestionnaire à animer lui-même une rencontre avec une équipe de travail plutôt qu’animer la réunion à sa place. « Il y a des clients qui font payer des consultants pour faire leur travail. Mais cela ne rend pas service au client », affirme-t-il.

Professionnalisme oblige
Passionné par son travail, le consultant s’est souvent démarqué dans son groupe professionnel pour devenir un phare de sa profession, explique Jean-Marc Léveillé, CRIA, consultant et président de DOTEMTEX, Recherche de cadres inc. Il sait écouter et accompagner le client dans la direction de son entreprise. Il saisit les enjeux et exerce du leadership par son influence. Mais surtout, une condition sine qua non de la profession de consultant est le professionnalisme. « Un service des ressources humaines ne se livre pas comme une pizza », souligne monsieur Léveillé. Le service doit être clairement défini.

Compréhension du mandat, description de la démarche, personne affectée au dossier, calendrier de réalisation, délais des suivis, coûts associés et normes éthiques : la proposition de service devrait contenir tous ces éléments. Le professionnalisme du consultant se vérifie aussi à son éthique. Pour monsieur Léveillé, « peu de contrats contiennent des clauses de confidentialité et de non-compétition ».

« Il faut se méfier des dates de livraison irréalistes, surtout si le travail se fait avec des humains », prévient-il. Ainsi, si le consultant doit rechercher un candidat dans un secteur en pénurie de main-d’œuvre, « je ne promets pas de résultat sur une durée fixe, mais je promets un suivi de mon processus de recherche sur une base hebdomadaire », poursuit-il. Pour sa part, Michel Maletto suggère de demander au consultant: « Comment va-t-on évaluer les résultats de votre intervention? Par exemple, comment va-t-on mesurer le transfert d’apprentissage auprès du client? »

Cerner les besoins, gérer les attentes
Selon monsieur Maletto, « il faut comprendre les besoins du client plus que le client lui-même et aller au-delà de sa propre analyse ». C’est ainsi qu’en analysant un besoin de gestion du temps dans une entreprise, il s’est aperçu que le problème se situait au niveau général de l’organisation plutôt que sur le plan individuel. Le mandat a été réorienté à cette étape préalable.

Recadrer la demande de consultation fait partie du travail du consultant. Jean-Marc Léveillé a revu la demande d’un client lorsqu’il a appris que les postes qu’il cherchait à pourvoir devaient remplacer tous les postes des employés présents. « On est intervenu davantage en diagnostic organisationnel et on a cherché un professionnel en marketing ». Pour lui, il relève du rôle du consultant de se demander : Pourquoi le client a-t-il ce besoin? Pourquoi à ce stade-ci? Quel est le motif sous-jacent à son besoin?

Un bon consultant doit aussi savoir gérer les attentes des clients. Pour cela, il préfère rencontrer la personne qui a le pouvoir décisionnel et qui possède les informations. Un consultant refusera de travailler avec un client qui lui confie un mandat pour s’en débarrasser tout en cachant de l’information sur la situation à régler.

L’adaptation, un plus
C’est entendu, le consultant a une capacité d’adaptation hors pair. Changeant de milieu comme de client, il sait adapter son langage, cerner la personnalité de son client, se fondre dans la culture de l’entreprise. Selon le profil du client, le consultant doit chercher à adapter son style de communication. « Pour rendre compte d’un sondage en milieu financier, le rapport devrait contenir plus de chiffres », explique monsieur Maletto.

Clarifier les attentes
Entre le consultant coach et le consultant expert, Étienne Beaulieu n’hésite pas. Il préfère « un consultant qui amène les employés à trouver une solution plutôt que celui qui arrive avec un coup de baguette magique. Ainsi, les employés sont partie prenante de la solution, elle ne leur est pas imposée. Si le travail est effectué par des experts en vase clos, les gens n’adhèrent pas à leurs recommandations qui resteront sur les tablettes ».

Outre les recettes toutes faites, Étienne Beaulieu n’apprécie guère les consultants qui livrent leur matériel au compte-gouttes. Enfin, dans le choix d’un consultant, il privilégie celui qui apportera des solutions novatrices avec des résultats chocs. « Je recherche un consultant à l’affût des nouvelles tendances, capable d’apporter ce qui se fait de plus récent ou d’innovateur dans un domaine et capable de produire avec des démarches novatrices et mobilisantes », affirme-t-il.

Précieux conseils…
Chantal Teasdale, CRHA, directrice en formation et développement organisationnel chez QIT-Fer et Titane, donne cinq conseils pour que le succès soit au rendez-vous.

  1. Clarifier les honoraires du consultant afin d’éviter des frais discutables ou des factures surprises.

  2. S’entendre sur la disponibilité du consultant afin qu’il puisse vraiment se consacrer à son mandat au lieu de soumettre l’entreprise à son horaire variable.

  3. Vérifier la compatibilité du profil du consultant avec la culture de l’organisation. Certains consultants sont plus à l’aise dans un contexte manufacturier, d’autres dans un environnement professionnel.

  4. Privilégier un consultant qui favorise l’autonomie de l’entreprise plutôt que la dépendance à son expertise. Un bon consultant doit savoir apprécier l’expertise interne, savoir impliquer les employés plutôt que de chercher à les diriger.

  5. Vérifier la notoriété ou les références du consultant.
 

Droits réservés 2017, Ordre des conseillers en ressources humaines et en relations industrielles agréés du Québec.

 


Affaires RH Fondation CRHA Les relations du travail au Québec - Des témoins tracent la ligne du temps Objectif CRHA Prévention de la violence au travail