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Congrès 2015

Présenté par

Norton Rose Fulbright

Le sport au service du travail

Par Frédéric Comeau - Le 27 août 2015

Huit février 2014, 23 h. Les Jeux olympiques d’hiver de Sotchi débutent à peine, mais c’est déjà l’heure de la finale pour l’équipe canadienne de ski acrobatique. Toutes les athlètes qui représentent l’unifolié se sont rendues en deuxième finale, mais seules Chloé et Justine Dufour-Lapointe atteignent la troisième et grande finale de l’épreuve.

Des bosses, un saut, des bosses, encore un saut et quelques instants plus tard, c’est la consécration. La cadette, Justine, décroche l’or, tout juste devant son aînée, Chloé, qui aura surtout réussi à surpasser l’Américaine Hannah Kearney, celle qui les avait devancées lors de toutes les étapes précédentes. Derrière ce doublé fraternel se cachent des heures de préparation, méticuleusement orchestrées par leur équipe et un professeur de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM (ESG UQAM).

L’ex-coentraîneur de l’équipe féminine de ski acrobatique du Canada, Jean-Paul Richard, se souvient avoir été d’emblée séduit par l’approche du spécialiste de la motivation au travail, Jacques Forest, CRHA, alors qu’il assistait à l’une de ses conférences. À la fin de l’allocution, les deux se rencontrent et discutent du sujet de l’allocution, la théorie de l’autodétermination. Étudiée depuis quelque 40 ans, elle stipule que pour maximiser la performance humaine, il faut combler trois besoins psychologiques, ceux de se sentir autonome, lié à un groupe, l’affiliation, et compétent. « Si ces besoins sont satisfaits, on trouve du fun, on trouve du sens dans ce qu’on fait et ça amène plein de conséquences positives, constate Jacques Forest. [Si ces besoins] sont frustrés, [la personne] va démesurément essayer de se prouver [...], ce qui va ensuite emmener des conséquences négatives sur les plans individuel et collectif. » Il faut également limiter les sources de motivation négative parce qu’elles « augmentent le burn-out, la distraction, l’utilisation de substances illicites, les comportements négatifs et les comportements dysfonctionnels », ajoute-t-il.

Malgré les critiques de ses collègues, qui jugeaient l’importance accordée à l’aspect psychologique de la performance, Jean-Paul Richard et son collègue, Marc-André Moreau, sont allés de l’avant. L’équipe complète de ski acrobatique a rempli un questionnaire en mars 2013 afin de déterminer leurs objectifs pour la saison 2014 et exprimer leurs frustrations par rapport à la précédente. À partir des résultats, Jacques Forest a dressé un plan pour les Jeux olympiques. « Je me suis assuré avec l’équipe canadienne que je n’allais rien laisser au hasard et que je n’allais pas laisser les dernières secondes juste à la chance et juste selon le plan de l’athlète », justifie Jean-Paul Richard qui avait déjà vu les espoirs olympiques d’un de ses athlètes s’effondrer au dernier moment à cause d’un égarement psychologique. L’équipe a amélioré sa gestion des conflits, a laissé plus d’autonomie aux skieuses et a éliminé le stress lié au financement.

La théorie de l’autodétermination, essentielle à la performance de l’équipe féminine de ski acrobatique, s’applique également à la motivation en milieu de travail, compte prouver Jacques Forest lors de la conférence Imaginer… l’expérience olympique au service de vos employés qu’il donnera avec Jean-Paul Richard lors du congrès de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés en octobre à Québec.

Pour le professeur Jacques Forest, CRHA, l’erreur, c’est de penser qu’il existe une recette pour améliorer la performance. « Faut-il prendre des vacances? Oui. Faut-il essayer d’augmenter le fait de bien manger chez nos employés? Est-ce qu’il faut faire des activités de team building? Oui, affirme-t-il sans ambages. Tant et aussi longtemps que ça augmente la satisfaction des besoins psychologiques et que ça diminue [leur] frustration. »

L’ex-coentraîneur de l’équipe féminine de ski acrobatique du Canada, Jean-Paul Richard, est convaincu que c’est ce qui a fait la différence le 8 février 2014 pour les athlètes. « Le gap, c’étaient les aspects émotionnel et psychologique, le contrôle des pensées. Quand on a commencé à travailler sur ces pensées, les filles avaient de bonnes journées tout le temps. Elles ne le savaient pas qu’on travaillait sur leurs trois besoins, raconte-t-il. Tout ça a créé un momentum [...] ça a augmenté la confiance [des athlètes] et la croyance en les possibilités de ce [qu’elles] pouvaient faire aux Jeux olympiques. »

Maintenant employé du Comité olympique canadien, il assure que la pratique est là pour rester. Déjà, les skieurs masculins et l’équipe de taekwondo comptent appliquer la théorie de l’autodétermination pour les prochains Olympiques. « Le travail et le sport, ce sont deux mondes différents, mais similaires. Ce sont des relations humaines, c’est de la communication et de la collaboration. [...] Souvent, les gens veulent vraiment le tangible dès le départ [sans] focaliser sur le processus et qu’est-ce qu’ils doivent bien faire chaque jour pour se rendre au résultat final. »

Apprenez en plus sur ce thème, en vous inscrivant à la conférence D03 – Imaginer… l’expérience olympique au service de vos employés, le mercredi 7 octobre à 10 h 45. [ + ]


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