Dimanche 20 janvier 2019
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L’utilisation des médias sociaux en contexte professionnel - Virage numérique et enjeux déontologiques

Dans un contexte où les technologies le permettent et même le favorisent, on attend des professionnels qu’ils répondent rapidement et en tout temps. On le sait, les communications se font principalement par messages textes, clavardage et courriels, le matin en route vers le travail. Rares sont ceux d’entre vous qui n’ont jamais travaillé dans un café avec leur ordinateur portable, consulté leurs courriels sur leur tablette lors d’une conférence ou sur leur cellulaire en se rendant au bureau. Encore plus rares sont les gens qui n’utilisent aucun réseau social.

Les nouvelles technologies progressent beaucoup plus rapidement que toutes les lois et que tous les règlements imaginables. Il faut toutefois rester à l’affût des obligations professionnelles, qui demeurent les mêmes. Plutôt que de présenter un exposé théorique, nous avons opté pour des exemples de situations concrètes où le Code de déontologie peut orienter votre réflexion vers la décision la plus appropriée.

Exemple 1 : Vous recevez sur Facebook des invitations à devenir « ami » d’employés de l’organisation où vous travaillez et vous vous demandez si vous devez les accepter ou non.

Il vous appartiendra de décider si vous désirez poursuivre la relation avec ces personnes en dehors de son cadre initial. Toutefois, si certains médias sociaux, tels que LinkedIn, peuvent être une bonne façon de maintenir son réseau professionnel, d’autres s’inscrivent davantage dans la sphère personnelle. Ainsi, l’article 19 du Code stipule que « Le membre doit sauvegarder en tout temps son indépendance professionnelle. Il doit, notamment :

  1. ignorer toute intervention d’un tiers qui pourrait influer sur l’exécution de ses obligations professionnelles au préjudice du client;
  2. éviter d’accomplir une tâche contraire à sa conscience professionnelle ou aux principes régissant l’exercice de sa profession;
  3. éviter toute situation où il serait en conflit d’intérêts.

Entre autres, un membre sera en conflit d’intérêts lorsque les intérêts en présence sont tels qu’il peut être porté à préférer certains d’entre eux à ceux du client ou que son jugement et sa loyauté envers celui-ci peuvent en être défavorablement affectés. »

Certaines situations, selon la nature du mandat, peuvent représenter plus de risques sur le plan de l’indépendance professionnelle. Par exemple, dans le cadre d’un mandat de coaching professionnel, le CRHA ou CRIA doit s’assurer de conserver une certaine distance avec le client. De même, le professionnel appelé à effectuer une enquête en matière de harcèlement au travail pourra se trouver en apparence de conflit d’intérêts s’il est lié par un réseau plus personnel avec une des parties.

Dans tous les cas, « Le membre doit faire preuve de désintéressement et d’objectivité lorsque des personnes autres que des clients lui demandent des informations. » (article 15 du Code de déontologie).

Vous devez également garder à l’esprit que même si des liens personnels se forment, vous avez un devoir de discrétion envers votre client, l’organisation qui vous emploie. Demeurez donc toujours vigilant, y compris lors d’échanges qui auront lieu dans le confort de votre maison.

En résumé, vous devez accorder priorité à la relation professionnelle qui vous lie à votre client. Les articles 33 et 34 sont clairs sur ce point. Ainsi, « Le membre doit chercher à établir une relation de confiance mutuelle entre lui-même et le client. À cette fin, il doit notamment :

  1. s’abstenir d’exercer sa profession d’une façon impersonnelle;
  2. respecter les valeurs et convictions personnelles du client. »

Il doit également « … s’abstenir d’intervenir dans les affaires personnelles du client sur des sujets qui ne relèvent pas de l’exercice de la profession ou qui sont étrangers aux fins pour lesquelles le client lui a confié un mandat. »

En acceptant de sortir du cadre professionnel, vous vous exposez à divulguer et à recevoir des informations personnelles qui pourraient avoir un impact que vous n’aviez pas anticipé susceptible de modifier votre propre perception et celle que l’employé, la direction ou le client ont de vous.

Poursuivez la réflexion

Suivez la chronique déontologique mettant en situation Marie-Hélène, CRHA, conseillère en recrutement dans une grande entreprise qui s’interroge à savoir si elle doit accepter les demandes d’amitié Facebook de ses employés et gestionnaires.


 

Exemple 2 : Vous relayez une caricature ironique sur Twitter à propos d’allégations d’inconduite sexuelle d’une personnalité connue.

Même lorsque vous n’agissez pas dans le cadre de vos fonctions professionnelles, par exemple sur des forums publics, vous portez toujours votre « chapeau » de CRHA ou de CRIA. À cet égard, l’article 10 du Code spécifie que « Le membre doit avoir une conduite irréprochable. Il doit, notamment, agir avec courtoisie, dignité, modération et objectivité. » N’oubliez jamais que vous représentez la profession et que les gens qui vous côtoient comme professionnel vous associent à ce titre. Vous devez donc faire preuve de retenue dans vos propos. La frontière entre ce qui est toléré ou non n’est pas toujours facile à percevoir puisqu’elle varie d’une personne à l’autre et selon le contexte et les circonstances. L’ironie est un type d’humour qui ne fait pas l’unanimité et qui pourrait affecter le lien de confiance avec les employés et votre client.

Exemple 3 : En consultant votre fil d’actualité LinkedIn, vous tombez sur la publication d’un confrère CRHA : « Expert en recrutement : je vous trouve la perle rare – C’EST GARANTI », alors qu’il vient de réorienter sa pratique.

Le malaise que vous ressentez en lisant cette annonce est justifié puisqu’il s’agit de fausse représentation de la part de votre confrère. En effet, aucun professionnel ne peut garantir un résultat – soit ici, de trouver la perle rare. De plus, le fait de se qualifier d’expert induit en erreur les personnes qui auront recours à ses services et qui croient légitimement confier un mandat à un professionnel d’expérience.

Le Code de déontologie est très explicite sur cette question. D’une part, l’article 62 indique que « Le membre ne peut faire, ou permettre que soit faite, par quelque moyen que ce soit, de la publicité fausse, incomplète, trompeuse ou susceptible de l’être. » D’autre part, l’article 63 ajoute que « Le membre qui, dans sa publicité, s’attribue des habiletés ou qualités particulières, notamment quant à l’efficacité ou à l’étendue de ses services et de ceux généralement assurés par les autres membres de sa profession ou quant à son niveau de compétence, doit être en mesure de les justifier. Le membre qui, dans sa publicité, attribue à un bien ou à un service un avantage particulier ou certaines caractéristiques de rendement, prétend qu’un avantage pécuniaire résultera de l’acquisition ou de l’utilisation d’un bien ou d’un service ou qu’un bien ou un service répond à une norme déterminée doit également être en mesure de les justifier. »

Le message est clair, l’esprit qui sous-tend les règles régissant la publicité quant aux services offerts par les CRHA et CRIA est la transparence et l’honnêteté, base de la crédibilité des CRHA et CRIA.

Enfin, toujours dans le respect de ces règles, tout membre d’un ordre professionnel a l’obligation de conserver une copie de toutes les publicités qu’il a diffusées, que ce soit sur support papier ou virtuel. C’est ce que l’article 70 mentionne en toutes lettres : « Le membre doit conserver une copie intégrale de toute publicité qu’il a faite dans sa forme d’origine pendant une période d’au moins 3 ans suivant la date de la dernière diffusion ou publication autorisée. Cette copie doit être remise au syndic, à sa demande. »

Poursuivez la réflexion

Y a-t-il des enjeux déontologiques ou éthiques à faire du recrutement via LinkedIn? Découvrez-le en lisant la chronique déontologique mettant en situation Marie-Hélène, CRHA, conseillère en recrutement dans une grande entreprise.


 

RÉCAPITULATIF
Principes qui doivent vous guider dans l’utilisation des médias sociaux

  • Avoir une conduite irréprochable, notamment agir avec courtoisie, dignité, modération et objectivité. (art. 10 du Code de déontologie)
  • Ne pas commenter une affaire pendante devant une commission d’enquête, un organisme ou un tribunal et dans laquelle lui-même ou un de ses associés ou employés occupe. (art. 11 al. 3 du Code de déontologie)
  • Éviter toute attitude ou méthode susceptible de nuire à la réputation de la profession et à son aptitude à servir l’intérêt public. (art. 12 du Code de déontologie)
  • Faire preuve de désintéressement et d’objectivité lorsque des personnes autres que des clients lui demandent des informations. (art. 15 du Code de déontologie)
  • Éviter de se placer en situation de conflit d’intérêts ou apparence de situation de conflit d’intérêts. (art. 19 (3) du Code de déontologie)
  • Éviter de tenir ou de participer à des conversations indiscrètes au sujet d’un client et des services qui lui sont rendus. (art. 51 (3) du Code de déontologie)
  • Chercher à établir une relation de confiance mutuelle entre vous-même et le client. Notamment, respecter les valeurs et convictions personnelles du client. (art. 33 (2) du Code de déontologie)
  • S’abstenir d’intervenir dans les affaires personnelles du client. (art. 34 du Code de déontologie)
  • Respecter les règles de publicité. (art. 61 et suivant du Code de déontologie)
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